Cuisinez sain

Notre alimentation est un choix vital pour la planète

Dès que l’on parle de changement climatique, beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’un sujet uniquement lié aux transports, aux ampoules électriques, aux centrales au charbon, à la pollution des avions… Oui, tous ces éléments sont des acteurs majeurs et les causes du changement climatique. Mais l’alimentation est aussi un autre facteur important que nous devons prendre en compte dans nos efforts pour affronter la crise climatique. L’alimentation ?

L’alimentation influence la manière dont nous vivons dont nous agissons sur l’environnement
Dans le monde, l’agriculture est responsable de près d’autant d’émissions de gaz à effet de serre que toutes les formes de transport réunies (13% pour l’agriculture contre 15% pour les transports)… L’agriculture est responsable de l’essentiel des émissions pour les gaz à effet de serre autres que le CO2 : méthane et protoxyde d’azote. Ainsi, aujourd’hui, en France, l’agriculture occupe la première place dans les émissions nationales si nous tenons compte de tous les gaz qui ont des émissions directes. Pour obtenir une image plus complète de la situation, regardez cette vidéo de Slow Food Nation qui explique comment la nourriture et le climat sont liés.

Ce qu’il faut changer

Stop au tout viande
Un peu partout, des spécialistes s’accordent à dire que le bio est une excellente chose en matière de protection de l’environnement. Lors de la production de nourriture via la filière bio, les émissions de CO2 et de N2O baissent, et les émissions globales par kg de nourriture sont diminuées. Mais les ruminants continuent à roter du méthane… et c’est ainsi notre mode d’alimentation qui doit être revu, afin de consommer moins de viande (la consommation de viande en Europe a plus que doublé depuis 1960). Car l’explication tient à cette équation : les émissions de méthane du bétail représentent 20 % des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre… mais le méthane a un pouvoir de réchauffement 23 fois plus élevé que le CO2 !

Privilégier la filière locale
Manger local, c’est à la fois faire un achat solidaire économiquement, mais aussi un achat efficace écologiquement. Réduire les distances de transport, et ainsi la pollution engendrée, est un besoin. En achetant localement les produits (ccopératives, AMAP, en faisant des récoltes), vous réduisez le bilan carbone.

Bannir les emballages excessifs
Recycler une canette économise 75 % de l’énergie nécessaire à la fabriquer… mais les exemples sont nombreux, de produits qui ne devraient pas avoir autant d’emballages. Qualifiée parfois d’operculophilie (qui désigne l’es excès de certains industriels à utiliser des films pour les portions), cette tendance des fabricants à vouloir tout emballer, filmer, découper en portions individuelles, doit cesser. La fabrication des emballages bien sûr demandent beaucoup d’énergie et représentent de l’ordre des ¾ des émissions de l’industrie alimentaire. Les refuser est un choix que le consommateur doit faire. Certaines marques utilisent des films à base de plastiques recyclés et d’encres végétales. Voila également une solution, une voie à suivre.

Passer à l’alimentation vivante
Certains proposent une révolution alimentaire, qui s’inspire du mode d’alimentation des tribus montagnardes Hunzas au nord du Pakistan et des Esséniens qui vivaient au Moyen Orient il y a plus de 2000 ans : l’alimentation vivante. Son principe de base est simple : se nourrir de végétaux crus et de graines germées. Ce qui implique d’abandonner à la fois toute nourriture d’origine animale et toute forme de cuisson des aliments. Cette révolution, selon ses tenants, aurait deux grands effets positifs :

  1. sortir de la sous-alimentation chronique le milliard d’êtres humains qui y sont plongés ;
  2. faire face aux dérèglements climatiques actuels.

Allons nous changer notre alimentation par conscience écologique, ou l’adapter au changement climatique ?
« L’alimentation face au changement climatique sera le résultat des adaptations du monde agro-alimentaire, de la mise en place d’une agriculture plus locale, plus écologique et plus flexible. Concilier les enjeux environnementaux nécessitera de ce fait une implication des consommateurs. Ils devront peut-être en contrepartie payer les produits plus chers et revoir leur modèle alimentaire » explique Sabine Rabourdin, Ingénieure et diplômée en ethnoécologie. repenser l’agriculture, notre alimentation, et la rendre plus juste, c’est aussi agir face aux problèmes d’inégalité, et d’accès à la nourriture. En effet, l’OMS et l’ONU ont déjà identifiés 21 régions critiques du monde où les taux de malnutrition sont sévères et chroniques… tout ceci va t-il continuer encore longtemps ?

Selon le Directeur général de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) Jacques Diouf, il faut « la volonté politique et le respect des engagements financiers pour permettre de réaliser les investissements indispensables à la promotion d’un développement agricole durable et de la sécurité alimentaire dans les pays les plus pauvres du monde« .

A lire pour en apprendre plus :

 

Cet article est la contribution du blog Cuisson Basse Température au Blog Action Day 2009.
Crédit photo : B℮n



Les commentaires :

Bonjour,
Vos propos sont justes et devraient être mis en pratique par tout le monde. Plus nous serrons nombreux à être sensibilisés et plus nous aurons de chance de faire changer les choses. Et puis, vous savez que bien souvent ces préoccupations environnementales rejoignent également celles de notre corps. Si on peut au moins sensibiliser les gens par ce moyen, ce sera toujours ça de gagné.
Bravo et bonne continuation.

Article qui devrait en faire réfléchir plus d’un, bravo.

Pas toujours évident à mettre en place mais entièrement d’accord avec l’exposé.

Le consommer local à beaucoup d’avantages. En plus de savoir d’où vient ce qu’on mange, on aide les petits producteurs. Sans compter que plus proche est la production mieux c’est pour la planète (moins de transport moins de gaz à effet de serres).

Je crois aussi qu’il faut considérer cette problématique globalement. Une alimentation saine, faible en viande et riche en aliments peu transformés, est à mon avis, moins susceptible d’être néfaste pour l’environnement, en plus d’améliorer le bilan de santé de la population.

Laisser un commentaire

(required)

(required)